Immunothérapie pour le traitement du mésothéliome pleural malin

Les cancers primaires de la plèvre tels que le mésothéliome pleural malin, un cancer du poumon associé à une exposition à l’amiante, sont des cancers se développant dans la cavité thoracique. Le mésothéliome est un cancer dévastateur dont les besoins médicaux ne sont pas satisfaits. Sa réponse hétérogène au blocage de points de contrôle immunitaires est le facteur limitant une amélioration des traitements. 

Le projet dirigé par les Profs Peng et Ochsenbein ainsi que la Dre Schmid vise à découvrir de nouvelles cibles immunitaires et à élucider les mécanismes de résistance à l’immunothérapie chez les patients atteints d’un mésothéliome. Les travaux prennent appui sur l’état actuel de la compréhension du traitement du mésothéliome. En déterminant les variables corrélant avec la réponse des patients, cette étude ouvrira la voie à de futures thérapies innovantes.

L’équipe de recherche a accès à une vaste cohorte de 109 patients atteints d’un mésothéliome pleural malin. Celle-ci les aidera à identifier les déterminants moléculaires et cellulaires qui corrèlent avec une réponse au traitement déclenchant la réponse immunitaire du patient contre la tumeur. Les scientifiques se serviront de technologies moléculaires de pointe pour visualiser cellule par cellule les profils d’expression des gènes dans la tumeur et les tissus environnants.

Les chercheurs espèrent identifier des signatures permettant de distinguer les tumeurs sensibles au traitement de celles qui ne le sont pas. Ils compareront ensuite la signature dans les différentes sections du mésothéliome pleural malin afin de déterminer les effets des traitements sur le comportement cellulaire de la tumeur. Pour ce faire, ils examineront non seulement la tumeur mais aussi la réponse des cellules immunitaires au traitement. Pour confirmer ce qu’ils auront appris à partir des échantillons de patients, ils feront appel à un modèle murin de la maladie et administreront divers inhibiteurs à des souris porteuses d’un mésothéliome humain. Enfin, ils combineront des thérapies à base d’inhibiteurs de checkpoint immunitaire avec des inhibiteurs de croissance efficaces, d’abord dans des modèles murins, puis dans des patients.

L’objectif est d’améliorer le traitement de cette maladie dévastatrice.  

Amélioration de l’efficacité de l’immunothérapie pour la leucémie myéloïde aiguë

La leucémie myéloïde aiguë (LMA) est un cancer qui se développe dans les cellules hématopoïétiques de la moelle et qui, en absence de traitement, conduit à la mort rapide du patient. Autrefois, le traitement consistait en une chimiothérapie suivie d’une transplantation de cellules souches hématopoïétiques. Plus récemment, l’immunothérapie a également été testée. Ce traitement consiste en une programmation des lymphocytes T cytotoxiques de manière à ce qu’ils attaquent les cellules cancéreuses. Malheureusement, malgré des traitements intensifs et agressifs, une grande partie des patients subissent une rechute. En outre, l’immunothérapie a tendance à attaquer aussi bien les cellules saines que les cellules leucémiques. De nouveaux traitements et des approches innovantes pour la LMA constituent donc un besoin clinique urgent.

L’identification de cibles spécifiques à la LMA pour le ciblage par les cellules CAR-T tueuses de cellules cancéreuses est incontournable. Toutefois, cette quête est jusqu’à présent restée infructueuse. Les chercheurs dirigeant ce projet tentent donc une nouvelle approche qui consiste à inverser le concept thérapeutique. Leur objectif principal est désormais l’éradication complète de la maladie, y compris les cellules souches leucémiques, tout en protégeant les cellules souches hématopoïétiques contre l’attaque immunothérapeutique. Cette stratégie devrait permettre de prévenir les rechutes et d’améliorer l’issue de la maladie.

L’équipe TANDEM, composée des Profs. Jeker et Holbro, mettra à l’essai un « mécanisme de masquage » destiné à protéger les cellules souches hématopoïétiques saines contre les substances actives utilisées dans l’élimination des cellules cancéreuses. Pour y parvenir, les chercheurs doivent identifier une protéine de surface cellulaire (appelée marqueur cellulaire) présente à la fois sur les cellules saines et sur les cellules cancéreuses. Ils modifieront génétiquement ce marqueur à la surface des cellules souches hématopoïétiques du patient. Pour régénérer la moelle osseuse, les cellules ainsi protégées seront ensuite réintroduites au patient après le traitement de la LMA, à condition que la protéine modifiée n’empêche pas les cellules de fonctionner normalement. L’immunothérapie dirigée contre la LMA ne reconnaîtra le marqueur que sur les cellules cancéreuses, les cellules saines étant protégées par le marqueur modifié. Cette stratégie pourrait faciliter la guérison, prévenir les rechutes et améliorer l’efficacité du traitement de la LMA.

Une immunothérapie pour le traitement du sarcome

Les sarcomes sont un groupe rare de cancers se développant dans les os et les tissus conjonctifs tels que la graisse ou les muscles. Dans la plupart des cas, l’origine du sarcome n’est pas claire. Cependant, des antécédents familiaux ou une exposition à des produits chimiques ou à des radiations peuvent accroître le risque de développer un sarcome. Il en existe de nombreux types, dont beaucoup sont particulièrement fréquents chez les enfants. Les symptômes dépendent du type de tumeur et de son emplacement. 

Les traitements actuels sont principalement la chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie. Leur succès est cependant limité, particulièrement dans les cas avancés. Les thérapies ciblées ont donné quelques résultats prometteurs. Toutefois, les réponses au traitement sont malheureusement souvent de courte durée. En outre, l’immunothérapie, et tout particulièrement la thérapie par lymphocytes T à récepteurs antigéniques chimériques (CAR), est difficile à réaliser en raison du microenvironnement tumoral suppressif. 

Les Dres Digklia et Irving examineront les limites des traitements actuels moyennant une approche multidisciplinaire. Pour ce faire, elles devront approfondir leur compréhension des caractéristiques de cette maladie. Ces nouvelles connaissances leur permettront ensuite de concevoir et de produire de nouvelles cellules CAR-T adaptées au sarcome et de tester des stratégies visant à accroître leur efficacité.

L’équipe composée d’une clinicienne et d’une chercheuse en recherche fondamentale poursuit les objectifs suivants :

  1. Caractérisation de biopsies de sarcomes issues de patients traités au Centre des sarcomes du CHUV. Le but est de comprendre la source moléculaire de la résistance aux inhibiteurs de la tyrosine kinase (TKI) et les obstacles à la thérapie par cellules CAR-T.
  2. Développement et production de nouvelles cellules CAR-T à partir de biopsies et de lignées cellulaires. Ces cellules cibleront des antigènes spécifiques (B7H3, GD2 et EphA2), dans le but d’induire une réactivité contre le tissu sarcomateux.
  3. Optimisation des thérapies par cellules CAR-T en vue d’une application clinique, en les combinant avec des TKI ou d’autres médicaments permettant d’améliorer l’efficacité des cellules CAR-T.

L’objectif global du projet est de développer de nouveaux traitements efficaces pour les sarcomes et de tester des cellules CAR-T de nouvelle génération, conçues sur la base de leurs résultats in vitro et in situ. Les chercheuses développeront de nouveaux récepteurs pour cellules CAR-T moyennant le génie génétique et appliqueront les résultats de leurs analyses à la conception de nouveaux outils de stratification pour les tumeurs. Outre la production de cellules CAR-T, elles analyseront également les tissus sains entourant la tumeur, dans le but d’améliorer l’accès des cellules CAR-T aux tissus cancéreux.

Les cibles CAR-T proposées sont bien établies et ont été utilisées dans le traitement des neuroblastomes. Dans le présent projet, les scientifiques se concentrent toutefois sur une tumeur rare des tissus conjonctifs, au pronostic défavorable. Le projet est innovant, répond à des besoins non satisfaits et est de caractère hautement collaboratif et translationnel, susceptible d’améliorer la vie de patients souffrant d’un sarcome incurable.

Caractérisation des fonctions anti-tumorales des cellules immunitaires dans le cancer de la vessie

Le cancer de la vessie est un problème de santé majeur, responsable d’environ1’400 décès par an, rien qu’en Suisse. En comparaison du cancer de la prostate, pour lequel le taux de survie à 5 ans a considérablement augmenté, les chiffres liés au cancer de la vessie stagnent. Les cancers de la vessie sont classifiés en fonction du degré d’invasion de la tumeur au moment du diagnostic initial. Les récidives sont fréquentes, même chez les patients initialement classés comme étant à faible risque. Pour les patients à risque moyen ou élevé, la situation est encore plus difficile car leurs tumeurs progressent fréquemment vers un état d’invasion musculaire nécessitant une cystectomie (ablation de la vessie). L’un des principaux défis consiste à empêcher qu’un cancer de la vessie initialement non invasif n’évolue vers une maladie musculaire invasive, au pronostic beaucoup plus sombre.    

A ce jour, l’intervention la plus courante est la thérapie intravésicale. Cette procédure consiste à introduire dans la vessie un agent immunostimulant (tel que l’inoculum de Bacillus Calmette-Guerin (BCG)) pour prévenir, ou tout au moins retarder, la récurrence et/ou la croissance de la tumeur. Malheureusement, 20 à 30% des patients sont forcés d’interrompre ce traitement en raison d’effets secondaires graves. En outre, il a été démontré que même traités, 20% des patients subissent une récidive précoce et que seuls 45% d’entre eux restent en bonne santé pendant cinq ans. Il est donc urgent de trouver de nouveaux outils pronostiques permettant d’identifier les patients à risque d’échec du traitement BCG et en mesure de prédire la récurrence et la progression de la tumeur. Des outils de prédiction plus robustes pourraient améliorer la qualité de vie des patients.

Ce projet TANDEM vise à étudier dans ce contexte le potentiel des lymphocytes T Vẟ2 (un sous-type des lymphocytes T). Ces cellules sont un sous-groupe de lymphocytes T infiltrant la tumeur. Des travaux récents ont démontré qu’elles ont la capacité de contrôler la croissance tumorale chez la souris. Il reste à démontrer que ces résultats s’appliquent également à l’homme, d’où la nécessité de mener des recherches plus approfondies sur des échantillons humains. Plus précisément, ce projet révélera le paysage transcriptomique des lymphocytes T Vẟ2 à l’échelle de la cellule unique. L’espoir est d’identifier de nouveaux biomarqueurs et de permettre le développement de nouveaux traitements pour le cancer de la vessie. 

De nouveaux biomarqueurs issus de ganglions lymphatiques pour la programmation de l’immunothérapie contre le cancer du sein triple négatif

Le cancer du sein (CS) reste l’une des principales causes de décès chez les femmes, et 80% des décès dus à ce cancer sont causés par une maladie métastatique. La majorité de ces décès surviennent parmi les patientes atteintes d’un cancer à récepteurs hormonaux positifs (HR+). Ce type de cancer représente 80% de tous les CS diagnostiqués. Dans ces tumeurs, l’hormone œstrogène stimule la croissance tumorale par l’intermédiaire de son récepteur. La thérapie anti-hormonale, aussi appelée thérapie endocrinienne, qui consiste à bloquer l’activité de signalisation du récepteur œstrogène, représente le traitement standard pour ces tumeurs. Malheureusement, la résistance à ce traitement augmente avec le temps, et presque toutes les femmes atteintes d’un CS HR+ deviennent réfractaires à la thérapie endocrinienne. Il est donc indispensable de développer de nouveaux traitements pour ces patientes.

Le présent projet TANDEM répond à ce besoin urgent en se fixant pour objectif d’identifier de nouveaux biomarqueurs prédictifs qui serviront à guider les thérapies et à sélectionner les patientes pour les immunothérapies contre le CS HR+. L’immunothérapie représente un changement de paradigme dans les protocoles de traitement du CS. Cependant, jusqu’à présent, elle n’a été que peu efficace contre la maladie récurrente et métastatique.

Les approches adoptées jusqu’à présent pour identifier des biomarqueurs utiles à l’immunothérapie se concentrent sur la tumeur. Personne n’a cherché à vérifier s’il existe des marqueurs prometteurs pour le traitement par inhibiteur de point de contrôle immunitaire dans les tissus avoisinants. Ce projet étudiera le potentiel de l’identification de marqueurs immunologiques dans les ganglions lymphatiques drainant la tumeur (GLDT) qui contribuent à orchestrer la réponse immunitaire anti-tumorale adaptive. C’est dans ces GLDT que le système immunitaire rencontre pour la première fois les antigènes tumoraux. En bref, ce projet repose sur l’hypothèse que les biomarqueurs présents dans les GLDT aux premiers stades de la maladie sont plus efficaces que les marqueurs issus des tumeurs pour programmer les cellules immunitaires réactives et pour prédire leur efficacité. 

Le but ultime du projet est de trouver, dans les ganglions lymphatiques situés à proximité des tumeurs du sein HR+, des biomarqueurs capables d’indiquer la sensibilité ou la résistance à l’immunothérapie. 

Analyse du rôle du micro-environnement tumoral dans le cancer de l’ovaire résistant aux médicaments à base de platine

Le carcinome ovarien séreux de haut grade (High grade serous ovarian carcinoma (HGSOC)) est le cancer gynécologique le plus mortel, avec un taux de survie médian de 3 ans. Le traitement standard consiste en une chirurgie suivie d’une chimiothérapie, généralement composée d’agents à base de platine et de taxane. Bien que la chimiothérapie est souvent efficace dans un premier temps pour réduire la taille des tumeurs, la plupart des femmes développent par la suite des tumeurs résistantes au platine, qui sont souvent mortelles. Ce projet TANDEM vise à comprendre le facteur sous-jacent de cette résistance afin d’améliorer les approches immunothérapeutiques et de développer des traitements plus efficaces.

Le traitement du HGSOC est un obstacle clinique majeur, non seulement en raison de la résistance à la chimiothérapie qu’il développe couramment, mais aussi parce qu’il ne répond pas aux thérapies récemment découvertes, telles que les thérapies par points de contrôle immunitaires et les thérapies ciblées par cellules T. Les raisons de sa résistance à la chimiothérapie et de son insensibilité à la thérapie des points de contrôle immunitaire ne sont pas encore claires.

Dans ce projet, l’équipe utilise un ensemble unique d’échantillons provenant de patients qui ont été prélevés après l’apparition de la résistance et applique des technologies moléculaires de pointe pour analyser la distribution spatiale des compartiments cellulaires et subcellulaires. L’objectif est de comprendre l’hétérogénéité de la maladie et d’identifier les changements qui entraînent une résistance.

Les données préliminaires suggèrent que l’HGSOC résistant au platine se caractérise par l’accumulation de cellules immunitaires appelées macrophages associés à la tumeur. Ces cellules sont les plus courantes dans le microenvironnement tumoral et jouent un rôle essentiel dans la survie et la progression du cancer. Grâce à des outils d’imagerie et de séquençage, l’équipe identifiera les types de cellules responsables de la résistance et se fera une idée de la distribution spatiale et de l’état des macrophages associés à la tumeur.  Elle espère ainsi déchiffrer le rôle joué par ces macrophages dans la résistance au platine du HGSOC. En fin de compte, ces résultats pourraient conduire à une amélioration des approches immunothérapeutiques, en particulier dans le cas du HGSOC résistant au platine.

Identification de nouvelles cibles pour traiter les cancers de la prostate qui ne répondent pas aux traitements disponibles.

Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme, touchant 1 personne sur 8. Il constitue une cause majeure de mortalité et de morbidité liées au cancer. Même si le cancer de la prostate localisé est très facile à traiter par la chirurgie, la radiothérapie ou la surveillance active, les taux de survie sont faibles pour les hommes atteints d’une maladie métastatique. Les thérapies hormonales existantes induisent généralement des réponses initiales, mais dans la majorité des cas, leur efficacité initiale s’estompe et finit par échouer, conduisant à un cancer de la prostate métastatique résistant à la castration (metastatic castration-resistant prostate cancer ou mCRPC).

En plus de l’hormonothérapie, l’un des traitements actuels les plus prometteurs pour le mCRPC utilise des composés radioactifs liés à des anticorps ciblant une protéine de surface cellulaire sur les cellules cancéreuses du mCRPC. Ces marqueurs ciblés sont uniques aux cellules tumorales et la fixation de la radioactivité à haute énergie, qui agit sur une petite distance, tue efficacement ces cellules. Malheureusement, jusqu’à 30 % des patients sont incapables de produire les protéines nécessaires à la reconnaissance des cellules tumorales par le conjugué d’anticorps radioactif et ne peuvent donc pas bénéficier de cette thérapie. En outre, seuls 50 % des patients qui produisent la protéine marqueur appropriée répondent bien au traitement.

L’objectif principal de ce projet est de désigner de nouvelles cibles thérapeutiques (nouveaux marqueurs de surface) pour les patients atteints de mCRPC qui ne sont pas éligibles ou résistants à ce traitement en identifiant de nouvelles protéines de surface uniques au cancer de la prostate. Il s’agit d’un processus laborieux car de nombreuses tumeurs doivent être échantillonnées et testées pour trouver des protéines présentes uniquement à la surface des cellules cancéreuses et non des cellules normales. Ces sondes garantissent que seules les cellules tumorales sont ciblées par la substance radioactive pendant le traitement. Ceci est particulièrement important car la sonde est introduite dans la circulation sanguine et n’est pas injectée localement. Non seulement cela permettrait de traiter des hommes qui, pour l’instant, ne sont pas éligibles à une radiothérapie ciblée, mais cela pourrait également conduire au développement d’autres modalités thérapeutiques pour ces patients, en utilisant des thérapies ciblées telles que le CAR-T.

Étude du lien entre le système circadien et la génération de tumeurs pulmonaires afin de personnaliser les horaires de la chimio-immunothérapie

Le cancer du poumon est l’une des causes les plus fréquentes de décès liés au cancer dans le monde, en grande partie parce que la plupart des patients ont déjà développé des métastases au moment du diagnostic. Outre la nécessité d’un diagnostic plus précoce, il existe un manque fondamental de thérapies efficaces pour le cancer du poumon.  Par conséquent, le cancer du poumon a un mauvais pronostic et un faible taux de survie. Dans ce projet de collaboration TANDEM, une chercheuse en sciences fondamentales, un chirurgien et un oncologue cherchent à innover dans le traitement du cancer du poumon en utilisant l’horloge circadienne interne de l’organisme pour maximiser l’impact thérapeutique.

Le système circadien a évolué dans les organismes sensibles à la lumière pour servir d’horloge biologique intrinsèque avec des périodes d’oscillation proches de 24 heures, en accord avec le temps géophysique. Il s’agit du système moléculaire de mesure du temps qui fonctionne dans la plupart des cellules de l’organisme et qui régit nos activités physiologiques. En outre, ce système est lié à une horloge de division cellulaire qui régit à la fois la croissance normale et le développement des tumeurs. Lors de la transformation maligne, c’est-à-dire la génération de cellules cancéreuses à partir de cellules normales, les deux systèmes de contrôle cellulaire susmentionnés subissent des changements massifs, ce qui entraîne la formation de tumeurs.

Ce projet propose d’optimiser la chronothérapie pour le cancer du poumon. La chronothérapie signifie que le « programme de traitement » est programmé de manière à aligner l’introduction du médicament sur les rythmes circadiens naturels du patient. Des données préliminaires montrent que pour certains types de cancer, la coordination de l’administration de médicaments antitumoraux à certains moments de la journée améliore l’efficacité de la chimiothérapie et réduit la toxicité. Inspirée par ce potentiel émergent, l’équipe TANDEM étudiera la chronobiologie du cancer du poumon, pour voir si la coordination de la thérapie avec le cycle circadien peut améliorer le résultat pour les patients atteints de cancer du poumon.

Le projet a deux objectifs. D’une part, il s’agit d’affiner le diagnostic du cancer du poumon et, d’autre part, de mettre au point des horaires personnalisés pour l’administration de la chimio-immunothérapie. Pour ce faire, ils analyseront l’interaction entre l’horloge circadienne et la progression du cancer du poumon, ainsi que la réaction des patients à un traitement administré à différents moments de la journée. Cela devrait permettre d’optimiser le traitement du cancer du poumon et d’améliorer les soins personnalisés.

Utilisation de tissus dérivés du patient pour prédire l’efficacité de différents traitements afin de trouver celui qui convient le mieux à chaque patient

L’utilisation d’approches moléculaires et génétiques pour personnaliser les traitements médicaux est en voie de transformer la thérapie anticancéreuse. En effet, la médecine personnalisée peut générer des thérapies sur mesure et éviter l’utilisation de molécules inefficaces et souvent débilitantes. Actuellement, le traitement du cancer est basé sur le stade de la tumeur, le profil mutationnel et l’histoire clinique, alors que des facteurs cruciaux tels que l’hétérogénéité de la tumeur et son microenvironnement sont rarement pris en compte. Ces derniers facteurs sont pourtant souvent les plus variables et peuvent influencer la réponse au traitement. Il est donc urgent d’intégrer des données spécifiques au patient dans les décisions relatives au choix du traitement.

Ce projet vise à développer un système de culture automatisé d’explants tumoraux dérivés de patients. Ces avatars tumoraux sont propres à chaque patient et constituent une plateforme permettant de tester la sensibilité de chaque tumeur à différents traitements. Ces informations pourraient être utilisées pour anticiper la réponse clinique et donc guider l’hémato-oncologue dans le choix de la molécule la plus efficace pour chaque patient. Dans ce projet, l’équipe travaille avec des patients atteints de lymphome non hodgkinien, un groupe de cancers provenant de lymphocytes matures (type de globules blancs).

L’équipe dispose d’un certain nombre de résultats préliminaires prometteurs. Tout d’abord, l’équipe de recherche fondamentale a mis au point une méthode de culture de petits fragments de tissu tumoral prélevés sur le patient de manière à préserver les caractéristiques clés du tissu, notamment la composition et l’architecture cellulaires. Ces fragments, appelés lymphomoïdes, peuvent ensuite être utilisés pour tester la sensibilité à diverses thérapies. À terme, l’objectif est d’optimiser la technologie des lymphomoïdes en tant qu’outil clinique pour trouver le traitement le plus adapté à chaque patient atteint d’un lymphome. L’équipe utilisera une analyse d’image de pointe des caractéristiques spatiales pour comprendre l’effet du traitement à la fois sur le lymphome et sur les cellules voisines formant le microenvironnement tumoral. Outre une meilleure adaptation des traitements existants à des patients spécifiques, cette technologie peut également être utilisée pour découvrir de nouvelles thérapies.

Les thérapies inefficaces sont associées à des toxicités potentielles et conduisent finalement à l’émergence de maladies résistantes plus difficiles à traiter. Par conséquent, la mise en œuvre d’une technologie permettant d’identifier directement ces traitements inefficaces dans la pratique clinique courante serait révolutionnaire et pourrait améliorer de manière significative le pronostic et la qualité de vie des patients.

Analyse des structures lymphoïdes tertiaires dans l’environnement de la tumeur cérébrale pour développer des thérapies immunitaires contre le glioblastome

Le glioblastome (GBM) est la tumeur cérébrale primaire la plus fréquente et la plus maligne chez l’adulte. La nature agressive et invasive de la tumeur et son hétérogénéité la rendent souvent résistante aux thérapies standard, y compris la chimiothérapie, la radiothérapie et la chirurgie, ce qui conduit à un taux de survie de moins de deux ans. Dans le cadre de cette collaboration TANDEM, l’équipe espère améliorer les résultats des traitements du GBM en progressant dans la compréhension de l’interaction entre cette tumeur et l’environnement cellulaire qui l’entoure.

Les structures lymphoïdes tertiaires (SLT) sont des parties ectopiques (mal placées) du système lymphatique qui se développent dans des tissus non lymphoïdes et qui se forment, notamment, dans des sites d’inflammation chronique tels que les tumeurs. Des travaux antérieurs ont montré que les SLT sont très importantes pour le pronostic des patients atteints de cancer, car elles font partie de l’environnement cellulaire qui entoure la tumeur, la TME. La recherche anticancéreuse s’est principalement concentrée sur les macrophages présents dans les SLT, car ces globules blancs peuvent favoriser ou entraver la croissance de la tumeur, en aidant à remodeler les tissus qui entourent et soutiennent le cancer.

Les scientifiques visent à comprendre comment les structures lymphoïdes tertiaires interagissent avec la TME chez les patients atteints de glioblastome, afin de déclencher une réponse immunitaire anti-tumorale dans la SLT. Plus précisément, le projet va caractériser la TME répressive qui bloque la fonction normale du système immunitaire, dans le but ultime de reprogrammer la SLT et de la combiner avec un traitement par cellules CAR-T, une immunothérapie avancée spécifique aux cellules T dans laquelle les lymphocytes T sont programmés pour reconnaître les cellules tumorales. 

Au cours des trois prochaines années, l’équipe utilisera des technologies de pointe basées sur l’imagerie in vivo de l’expression génétique des cellules dans des sections de tissus normaux et tumoraux, afin d’identifier et d’analyser le contenu de la SLT. Ils espèrent comprendre les interactions complexes des structures lymphoïdes et de la TME, qui contribuent à soutenir à la fois la tumeur et la SLT. Ces nouvelles connaissances pourraient ouvrir de nouvelles voies thérapeutiques, notamment la reprogrammation de l’état des macrophages, afin de soutenir l’attaque de la tumeur par des cellules T programmées (CAR-T). Le comportement extrêmement agressif du glioblastome et son taux de mortalité élevé rendent plus urgente la recherche de nouvelles thérapies.